20 février 2008
Colloque : le romantisme politique en Allemagne
J'étais pas allée au colloque (ça tombait pendant les cours, entre autre les cours de TD de romantisme politique justement) et j’ai entendu dire que c’était pas top. Par contre (et pourtant) leur introduction est pas mal et présente bien les choses je trouve, alors voilà, je vous la retranscris :
Maison Heinrich Heine
colloque 13/01/2007
Colloque organisé par le Groupe de recherche sur la culture de Weimar (Maison des Sciences de l’Homme et Université Paris-Sorbonne / UMR 8138)
Il est extrêmement difficile de dégager des écrits politiques des Romantiques une doctrine d’ensemble cohérente – Carl Schmitt ne voit même dans le romantisme qu’une « multiplicité tumultueuse » qui se dissout dans « un occasionnalisme subjectivisé » et il lui dénie toute pertinence proprement politique – sinon, justement, son « occasionnalisme ». Non seulement, on ne saurait lire de la même façon les Elemente der Staatskunst d’Adam Müller et Christenheit oder Europa de Novalis, mais le Friedrich Schlegel au service de Metternich est-il encore celui de l’Essai sur le républicanisme ? Le romantisme allemand est chronologiquement trop étendu dans le temps pour constituer un courant homogène ; en outre, dans cette assez longue durée les positionnements idéologiques changent très rapidement.
Ce moment décisif de redéploiement de la pensée que fut le « romantisme » a, du fait même de ses ambiguïtés, suscité des reprises et des appropriations tout aussi diverses. Il s’est transformé en un slogan qui a cristallisé des luttes idéologiques dépassant largement le cadre chronologique du romantisme (pour autant, du reste, qu’on puisse l’enfermer dans des dates).
Pas plus qu’il ne saurait donc être question de traiter le phénomène des résurgences du « romantisme politique » ou du débat sur le romantisme politique comme le retour d’une théorie, d’une philosophie, d’un courant, d’une vision du monde qui réaffirmerait son identité telle qu’en elle-même, il n’est possible de postuler une identité et une unicité absolument cohérentes du romantisme politique originel. Pourtant, en dépit même des évolutions individuelles parfois spectaculaires – comme celles de Friedrich Schlegel, du fichtéisme vers le catholicisme, ou de Görres, du républicanisme jacobin au monarchisme le plus conservateur –, il y a bien un fonds d’idées dont la constellation constitue globalement « le romantisme ».
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